AI Act : ce qu'une PME doit faire en 2026 quand elle achète ou utilise de l'IA
Vos équipes utilisent ChatGPT ou un chatbot, ou vous vous apprêtez à acheter un logiciel de tri de CV, et vous voulez savoir ce que le règlement européen sur l'IA exige de vous maintenant. Au 27 octobre 2026, la maîtrise de l'IA, les interdits et la transparence s'appliquent déjà ; les règles du haut risque arrivent le 2 décembre 2027.
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L'essentiel
Au 27 octobre 2026, une PME qui utilise l'IA doit favoriser la maîtrise de l'IA de ses équipes (article 4) et renoncer aux pratiques interdites, dont la reconnaissance des émotions des salariés (article 5). Depuis le 2 août 2026, chatbots et hypertrucages doivent être signalés (article 50). Le haut risque (tri de CV, crédit) est repoussé au 2 décembre 2027. Amende maximale d'une PME pour une pratique interdite : le plus faible de 7 % du chiffre d'affaires ou 35 millions d'euros.
À retenir
- Depuis le 2 février 2025, toute entreprise qui utilise un système d'IA doit respecter les interdictions de l'article 5 et prendre des mesures de maîtrise de l'IA (article 4).
- Depuis le 2 août 2026, les obligations de transparence de l'article 50 s'appliquent aux chatbots, aux hypertrucages et aux textes d'intérêt public publiés sans relecture humaine.
- Le règlement (UE) 2026/1744, en vigueur depuis le 27 juillet 2026, fixe le haut risque au 2 décembre 2027 pour l'annexe III (emploi, crédit) et au 2 août 2028 pour l'annexe I (produits).
- Un logiciel de tri de CV est un système à haut risque ; reconnaître les émotions d'un candidat ou d'un salarié est interdit.
- Pour une PME, le plafond d'amende est le plus faible des deux montants : 700 000 euros pour une pratique interdite avec 10 millions d'euros de chiffre d'affaires.
- Au 27 octobre 2026, aucune loi française n'a désigné les autorités de contrôle : le projet de loi DDADUE est en commission à l'Assemblée nationale.
Êtes-vous fournisseur ou déployeur de l'IA que vous utilisez ?
Une PME est presque toujours déployeur : elle utilise sous sa propre autorité un outil conçu par un autre, comme ChatGPT, un chatbot acheté ou un logiciel de recrutement. Elle devient fournisseur quand elle développe ou fait développer un système d'IA et le met en service sous son propre nom, même pour son usage interne. La distinction compte, car les obligations les plus lourdes pèsent sur le fournisseur.
Le fournisseur « développe ou fait développer » le système et le met en service « sous son propre nom ou sa propre marque » (article 3, point 3), même pour un chatbot interne selon les lignes directrices de la Commission du 20 juillet 2026. Un agent développé par une agence et exploité sous votre marque fait donc de vous son fournisseur, une charge à prévoir dans le coût d'une mission IA. On devient aussi fournisseur sans le chercher. L'article 25 le prévoit quand un déployeur modifie la destination d'un système, « y compris un système d'IA à usage général », au point de le rendre à haut risque, par exemple en bâtissant un tri de candidatures sur un assistant généraliste. Les autres termes sont définis dans le glossaire de Mission IA.
Source : ai-act-service-desk.ec.europa.euQu'est-ce qui s'applique déjà au 27 octobre 2026 ?
Trois séries de règles s'appliquent déjà : les interdictions de l'article 5 et la maîtrise de l'IA de l'article 4 depuis le 2 février 2025, la transparence de l'article 50 depuis le 2 août 2026. Les obligations des systèmes à haut risque, comme le tri de CV, sont repoussées au 2 décembre 2027 par le règlement (UE) 2026/1744, en vigueur depuis le 27 juillet 2026.
Tableau 1Calendrier de l'AI Act utile à une PME, avec la sanction maximale et l'article qui fixe l'obligation, au 27 octobre 2026.
| Date | Obligation | Qui est concerné | Sanction maximale | Article |
|---|---|---|---|---|
| 2 février 2025 | Pratiques interdites (manipulation, notation sociale, émotions au travail…) | Fournisseurs et déployeurs | 35 M€ ou 7 % du CA mondial | Art. 5 |
| 2 février 2025 | Maîtrise de l'IA du personnel | Fournisseurs et déployeurs | Non fixée par le règlement | Art. 4 |
| 2 août 2026 | Transparence : chatbots, hypertrucages, textes d'intérêt public, émotions | Fournisseurs et déployeurs | 15 M€ ou 3 % du CA mondial | Art. 50 |
| 2 décembre 2026 | Hypertrucages sexuels sans consentement, contenus pédocriminels | Fournisseurs et déployeurs | 35 M€ ou 7 % du CA mondial | Art. 5 |
| 2 décembre 2026 | Marquage des contenus des IA génératives déjà sur le marché | Fournisseurs d'IA générative | 15 M€ ou 3 % du CA mondial | Art. 111 |
| 2 décembre 2027 | Haut risque de l'annexe III (emploi, crédit, éducation…) | Fournisseurs et déployeurs | 15 M€ ou 3 % du CA mondial | Art. 26 |
| 2 août 2028 | Haut risque des produits réglementés (annexe I) | Fournisseurs et déployeurs | 15 M€ ou 3 % du CA mondial | Art. 6 |
Relevé de la rédaction dans la version consolidée du règlement au 27 juillet 2026, dates fixées par l'article 113. Proposé le 19 novembre 2025 et signé le 8 juillet 2026, le volet IA de l'omnibus numérique a été publié au Journal officiel du 24 juillet 2026. Une PME encourt le plus faible des deux montants (article 99, paragraphe 6) : avec 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, 700 000 euros au plus pour une pratique interdite, 300 000 euros pour la transparence. Ce relevé ne remplace pas l'avis d'un avocat.
Sources : EUR-Lex, Office des publications de l'Union européenne, 2026 ; ai-act-service-desk.ec.europa.eu ; Journal officiel de l'Union européenne, EUR-Lex, 2026Qui contrôle en France ?
Aucune autorité n'est encore désignée par la loi : le projet de loi DDADUE, adopté par le Sénat le 18 février 2026, est en commission à l'Assemblée nationale. Le schéma publié par la DGE le 9 septembre 2025 prévoit de confier la coordination à la DGCCRF, l'emploi et la plupart des interdictions à la CNIL, la transparence des chatbots et des hypertrucages à la DGCCRF et à l'Arcom, le crédit et l'assurance des établissements financiers à l'ACPR. Le règlement s'applique sans attendre cette loi ; la rédaction refera le point le 15 janvier 2027.
Sources : senat.fr ; Assemblée nationale, 2026 ; Direction générale des Entreprises, 2025Que demande concrètement l'article 4 sur la maîtrise de l'IA ?
L'article 4 oblige toute entreprise qui utilise un système d'IA à prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA de son personnel et des personnes qui l'utilisent pour son compte, selon leurs connaissances et le contexte d'usage. Depuis l'omnibus, il précise qu'aucun niveau individuel n'est à garantir. La Commission précise qu'il n'exige ni certificat ni responsable IA.
Source : ai-act-service-desk.ec.europa.euSelon les questions-réponses de la Commission mises à jour le 20 octobre 2026, des salariés qui rédigent des publicités ou traduisent avec ChatGPT relèvent de l'article 4 et doivent connaître les risques de l'outil, comme les hallucinations. Un registre interne des formations peut documenter la démarche. Le règlement ne fixe pas d'amende pour l'article 4 et renvoie aux sanctions nationales, dont le régime français dépend du projet de loi en cours.
Source : Commission européenne, 2026La rédaction conseille trois niveaux : pour tous, une session courte sur les erreurs des modèles, les données à ne jamais saisir et la vérification des réponses ; pour les utilisateurs quotidiens, des exercices sur leurs dossiers ; pour ceux qui supervisent un outil RH ou client, ses limites et les cas où il ne faut pas le suivre. Pour choisir l'assistant, voyez notre comparatif des assistants IA en entreprise.
Quels usages interdits vérifier dans votre entreprise ?
Pour une PME, l'interdiction la plus concrète vise la reconnaissance des émotions au travail, en vigueur depuis le 2 février 2025. Les lignes directrices de la Commission du 4 février 2025 l'appliquent aussi aux candidats : déduire les émotions d'un salarié ou d'un candidat de sa voix ou de son visage est interdit, sauf raison médicale ou de sécurité.
Source : Commission européenne, 2025Un centre d'appels qui suit par webcam et reconnaissance vocale la colère de ses employés enfreint l'interdiction ; appliquée aux clients, la reconnaissance vocale des émotions échappe à l'article 5 mais reste à haut risque (annexe III, point 1 c) et oblige à informer les personnes (article 50, paragraphe 3). Mesurer le ton émotionnel des réunions vidéo d'une équipe est interdit, comme la reconnaissance des émotions en recrutement ou en période d'essai. Vérifiez aussi les autres points de l'article 5, dont la manipulation causant un préjudice important, l'exploitation des vulnérabilités liées à l'âge, au handicap ou à la situation économique, la notation sociale et la catégorisation biométrique (points a, b, c et g). Le 2 décembre 2026 s'ajoutent les hypertrucages sexuels sans consentement et les contenus pédocriminels ; pour l'utilisateur, l'interdiction joue quand il se sert de l'outil dans ce but.
Source : ai-act-service-desk.ec.europa.euVous achetez un outil de tri de CV : qu'est-ce que le haut risque change ?
Un logiciel qui analyse et filtre des candidatures est à haut risque : l'emploi figure, avec le crédit aux particuliers, l'éducation et la biométrie, parmi les huit domaines de l'annexe III, et un outil qui établit un profil des candidats l'est toujours (article 6, paragraphe 3). Vos obligations de déployeur, fixées par l'article 26, s'appliqueront le 2 décembre 2027. Le Code du travail et le RGPD vous imposent déjà d'informer les candidats.
Source : ai-act-service-desk.ec.europa.euL'article 26 vous imposera d'utiliser l'outil selon sa notice, de confier le contrôle humain à des personnes compétentes, formées et dotées de l'autorité nécessaire, de surveiller son fonctionnement et de conserver ses journaux au moins six mois. Il faudra informer les représentants du personnel et les salariés avant la mise en service, puis les personnes visées par une décision appuyée sur l'outil. L'analyse d'impact de l'article 27 ne concerne que le secteur public, les services publics, le crédit aux particuliers et l'assurance vie ou santé.
Source : ai-act-service-desk.ec.europa.euSelon l'article 111, paragraphe 2, un système dont le type et le modèle étaient sur le marché avant le 2 décembre 2027 n'entre dans le régime, pour son fournisseur comme pour vous, que s'il subit ensuite des modifications importantes de sa conception (considérant 39 du règlement (UE) 2026/1744). Demandez à l'éditeur, par écrit, s'il s'en prévaut et comment il traitera ses mises à jour.
Source : ai-act-service-desk.ec.europa.euDéjà applicable au recrutement
Le candidat doit être « expressément informé » au préalable des méthodes d'aide au recrutement utilisées à son égard, qui doivent être pertinentes (article L1221-8 du Code du travail). Dans une entreprise d'au moins cinquante salariés, le CSE est informé et consulté sur l'introduction de nouvelles technologies (article L2312-8). L'article 22 du RGPD encadre en outre les décisions fondées exclusivement sur un traitement automatisé.
Sources : Légifrance, 2008 ; legifrance.gouv.fr ; eur-lex.europa.euChatbot, hypertrucages, textes générés : que dit l'article 50 depuis le 2 août 2026 ?
Depuis le 2 août 2026, une personne qui échange avec un chatbot doit savoir qu'elle parle à une IA, au plus tard à la première interaction, sauf si c'est évident. Vous devez aussi signaler les hypertrucages que vous diffusez et les textes d'intérêt public générés par IA que vous publiez, sauf relecture humaine sous une responsabilité éditoriale.
L'obligation sur les chatbots pèse sur le fournisseur (article 50, paragraphe 1) : si vous avez acheté l'outil, vérifiez que la mention s'affiche ; si vous l'avez fait développer sous votre nom, elle vous incombe. Le marquage technique des contenus (paragraphe 2) concerne OpenAI, Google, Mistral AI et les autres fournisseurs d'IA générative, avec un délai jusqu'au 2 décembre 2026 pour les systèmes mis sur le marché avant le 2 août 2026 (article 111, paragraphe 4). Les lignes directrices du 20 juillet 2026 sortent du champ de l'article 50, paragraphe 4, les textes publicitaires et les fiches produits, sauf allégations de santé, de sécurité des consommateurs ou de durabilité. Un hypertrucage (article 3, point 60) se signale même dans une publicité, au besoin avec les icônes européennes présentées avec le code de bonnes pratiques jugé adéquat par la Commission.
Sources : ai-act-service-desk.ec.europa.eu ; Commission européenne, 2026 ; digital-strategy.ec.europa.euQue faut-il exiger d'un prestataire ou d'un éditeur d'IA ?
Exigez par écrit la qualification du système au regard du règlement, le nom de son fournisseur et les engagements qui vous permettent de tenir vos obligations de déployeur. Les clauses ci-dessous se reprennent dans un cahier des charges ou un renouvellement.
Ces clauses complètent les questions de notre guide pour choisir un prestataire IA. Si vous confiez un développement à une agence, un cabinet, une ESN ou un freelance, écrivez aussi qui est fournisseur, qui tient la documentation technique et qui répond aux autorités.
Quelle check-list suivre en dix points ?
La check-list ci-dessous, pensée pour une PME, suit l'ordre des échéances : ce qui est déjà exigible, puis la préparation du 2 décembre 2027, avec un responsable par action. « Immédiat » signale une obligation en vigueur ; les autres délais sont proposés par la rédaction.
Tableau 2Les dix actions de mise en conformité d'une PME, avec le responsable et le délai proposés par la rédaction.
| Action | Responsable | Délai |
|---|---|---|
| Recenser les outils d'IA, comptes personnels compris | Dirigeant ou DAF | 31 décembre 2026 |
| Qualifier chaque usage et votre rôle (fournisseur ou déployeur) | Référent IA | 31 décembre 2026 |
| Arrêter tout usage interdit (émotions des salariés…) | Direction générale | Immédiat |
| Développer la maîtrise de l'IA des utilisateurs, tenir le registre | DRH | Immédiat |
| Écrire les règles d'usage (données interdites, vérification des réponses) | DSI et référent RGPD | 31 janvier 2027 |
| Afficher la mention IA des chatbots, signaler les hypertrucages | Marketing | Immédiat |
| Faire relire et assumer les textes d'intérêt public générés par IA | Communication | Avant publication |
| Ajouter les clauses IA aux contrats et renouvellements | Achats ou juridique | À chaque signature |
| Informer les candidats et consulter le CSE avant tout outil RH | DRH | Avant la mise en service |
| Préparer contrôle humain, journaux et information des personnes | DRH et DSI | 2 décembre 2027 |
Notre verdict selon votre situation
- Vous partez de zéro : avant le premier achat, qualifiez l'usage prévu (ligne 2) avec l'outil de conformité de la Commission (bêta) et mettez les clauses au contrat (ligne 8).
- Vos équipes utilisent déjà ChatGPT ou Copilot : recensez les usages (ligne 1), puis traitez les lignes 3 et 4, exigibles depuis le 2 février 2025.
Qu'est-ce qui fait déraper une mise en conformité ?
Une mise en conformité dérape le plus souvent sur l'inventaire, la lecture du calendrier ou le contrat. Le report du haut risque laisse croire que tout attend 2027, alors que la transparence s'applique depuis le 2 août 2026 et les interdictions depuis le 2 février 2025.
Ce qui fait échouer
- L'inventaire oublie les usages individuels : un salarié qui colle des CV dans un assistant généraliste crée un tri de candidatures que personne n'a qualifié. Interrogez les équipes, pas seulement la DSI.
- Une « certification AI Act » achetée tient lieu de preuve, alors qu'aucun certificat n'est requis pour l'article 4, selon la Commission : comptent les formations suivies.
- L'attente des autorités françaises sert de prétexte : le règlement s'applique directement, et la CNIL contrôle déjà, au titre du RGPD, les données personnelles traitées par ces outils.
Questions fréquentes
L'AI Act s'applique-t-il à une PME qui utilise seulement ChatGPT ou Copilot ?
Oui. Une PME qui utilise ChatGPT ou Copilot dans son activité est déployeur au sens de l'article 3 du règlement (UE) 2024/1689. Elle doit prendre des mesures de maîtrise de l'IA (article 4), respecter les interdictions de l'article 5 et signaler les hypertrucages qu'elle diffuse (article 50). La Commission cite le cas de salariés qui rédigent des publicités ou traduisent avec ChatGPT : ils doivent être informés des risques de l'outil, comme les hallucinations.
Quelle amende risque une PME avec l'AI Act ?
Le règlement fixe des plafonds : 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires mondial pour une pratique interdite, 15 millions ou 3 % pour un manquement à la transparence ou aux obligations des déployeurs, 7,5 millions ou 1 % pour une information inexacte. Pour une PME, le plus faible des deux s'applique (article 99, paragraphe 6) : avec 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, le plafond est de 700 000 euros pour une pratique interdite.
Le report des obligations à haut risque est-il définitif ?
Oui. Le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026, dit omnibus numérique sur l'IA, publié au Journal officiel le 24 juillet 2026, est en vigueur depuis le 27 juillet 2026. Il fixe le 2 décembre 2027 pour le haut risque de l'annexe III (emploi, crédit, éducation) et le 2 août 2028 pour les produits réglementés. Interdictions et transparence restent en vigueur, hors un délai au 2 décembre 2026 pour marquer les contenus des systèmes déjà commercialisés.
Faut-il un certificat ou un responsable IA pour respecter l'article 4 ?
Non. Selon les questions-réponses de la Commission sur la maîtrise de l'IA, mises à jour le 20 octobre 2026, aucun certificat n'est nécessaire et aucune structure de gouvernance particulière n'est imposée ; un registre interne des formations et des actions d'information peut documenter la démarche. Depuis l'omnibus, l'article 4 précise qu'aucun niveau individuel de maîtrise n'est à garantir. Les actions doivent tenir compte des connaissances des personnes et du contexte d'usage.
Qui contrôle l'AI Act en France ?
Aucune loi n'a encore désigné les autorités compétentes. Le projet de loi DDADUE, adopté par le Sénat le 18 février 2026, est en commission à l'Assemblée nationale au 27 octobre 2026. Le schéma publié par la DGE le 9 septembre 2025 prévoit de confier la coordination à la DGCCRF, l'emploi et la plupart des interdictions à la CNIL, la transparence des chatbots et des hypertrucages à la DGCCRF et à l'Arcom, le crédit et l'assurance des établissements financiers à l'ACPR.
Mon chatbot doit-il dire qu'il est une IA ?
Oui, depuis le 2 août 2026, sauf si c'est évident pour une personne normalement informée et attentive. L'information doit être claire et donnée au plus tard à la première interaction (article 50, paragraphes 1 et 5). Si vous avez acheté le chatbot, son éditeur est fournisseur et porte l'obligation de conception ; si vous l'avez développé ou fait développer et le mettez en service sous votre nom, elle vous incombe.
Un logiciel de tri de CV est-il interdit par l'AI Act ?
Non. Un logiciel qui analyse et filtre des candidatures est classé à haut risque (annexe III, point 4 a), ce qui impose des obligations à partir du 2 décembre 2027, pas une interdiction. Un système qui infère les émotions des candidats, par exemple pendant un entretien vidéo, est en revanche interdit depuis le 2 février 2025. Le Code du travail impose déjà d'informer les candidats des méthodes de recrutement utilisées (article L1221-8).
Les textes marketing écrits avec l'IA doivent-ils être signalés ?
En général, non. Les lignes directrices de la Commission du 20 juillet 2026 placent les publicités et les fiches produits hors du champ de l'article 50, paragraphe 4, sauf allégations de santé, de sécurité des consommateurs ou de durabilité. Un hypertrucage, c'est-à-dire une image, un son ou une vidéo réaliste qui ressemble à une personne, un lieu ou un événement existant, doit en revanche être signalé, même dans une publicité.
Faut-il revoir tous ses contrats avec les éditeurs d'IA ?
Pas d'un coup. Ajoutez des clauses IA à chaque signature et à chaque renouvellement, en commençant par les outils de recrutement, de crédit et de relation client. Exigez la qualification du système au regard du règlement, le nom de son fournisseur, l'accès aux journaux pendant au moins six mois et une alerte avant toute modification importante de sa conception (articles 25, 26 et 111 du règlement).
Sources
Voir les 10 sources de la page
- EUR-Lex, Office des publications de l'Union européenne, Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle, version consolidée au 27 juillet 2026, publié le 27 juillet 2026, consulté le 27 octobre 2026.
- Journal officiel de l'Union européenne, EUR-Lex, Règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 (train de mesures omnibus numérique sur l'IA), publié le 24 juillet 2026, consulté le 27 octobre 2026.
- AI Act Service Desk, Commission européenne, Timeline for the Implementation of the EU AI Act, consulté le 27 octobre 2026.
- Commission européenne, Commission publishes the Guidelines on prohibited artificial intelligence (AI) practices, as defined by the AI Act, publié le 4 février 2025, consulté le 27 octobre 2026.
- Commission européenne, AI Literacy - Questions & Answers, publié le 20 octobre 2026, consulté le 27 octobre 2026.
- Commission européenne, Guidelines on transparency obligations for providers and deployers of AI systems, publié le 20 juillet 2026, consulté le 27 octobre 2026.
- CNIL, Entrée en vigueur du règlement européen sur l'IA : les premières questions-réponses de la CNIL, publié le 12 juillet 2024, consulté le 27 octobre 2026.
- Direction générale des Entreprises, Les autorités compétentes pour la mise en œuvre du règlement européen sur l'intelligence artificielle, publié le 9 septembre 2025, consulté le 27 octobre 2026.
- Assemblée nationale, Projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, d'information, de transport, de santé, d'agriculture et de pêche, publié le 20 février 2026, consulté le 27 octobre 2026.
- Légifrance, Article L1221-8 du Code du travail, publié le 1 mai 2008, consulté le 27 octobre 2026.